PUBLICATION OFFICIELLE DE NOUVELLES VARIÉTÉS CONGOLAISES DE SOJA DANS LA BASE DE DONNÉES FAO/AIEA SUR LES VARIÉTÉS MUTANTES
Une avancée majeure vient d’être enregistrée dans
le domaine de l’amélioration génétique des plantes en République démocratique
du Congo (RDC). Pour la première fois, trois variétés congolaises de soja,
développées grâce aux techniques nucléaires de mutation radio-induite, ont été
officiellement enregistrées dans la FAO/IAEA Mutant Variety Database (MVD),
la base de données internationale de référence consacrée aux variétés végétales
obtenues par mutagenèse.
Baptisées DIAMUINI 2, LUTALADIO et LUYINDULA,
ces variétés sont le fruit des travaux menés conjointement par une équipe de
chercheurs du Commissariat Général à l’Énergie Atomique (CGEA/CREN-K) et de
l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA/Mvuazi),
dans le cadre du projet de coopération technique COD5031 conclu entre l’Agence Internationale
de l’Energie Atomique (AIEA) et le Gouvernement de la République démocratique
du Congo.
Les activités expérimentales au champ, réalisées notamment sur les sites de l’INERA/Mvuazi, dans la province du Kongo Central, ont bénéficié de l’appui financier du Comité de gestion du CGEA, sous la présidence du Commissaire Général à l’Énergie Atomique, Dr. Steve Muanza Kamunga. Cet accompagnement institutionnel a contribué à la conduite des essais, à la sélection, à l’évaluation agronomique, aux essais multilocaux et à l’évaluation participative des nouvelles variétés.
Les trois variétés se distinguent par des caractéristiques agronomiques et nutritionnelles particulièrement intéressantes. Leur potentiel de rendement varie entre 2 500 et 3 500 kg/ha en conditions expérimentales contrôlées, tandis que des rendements de l’ordre de 700 à 1 400 kg/ha ont été observés en conditions réelles de production. Elles se distinguent également par leurs teneurs intéressantes en micronutriments, notamment en fer (Fe) et en zinc (Zn) ; ce qui renforce leur intérêt dans une perspective d’amélioration de la qualité nutritionnelle de l’alimentation.
Homologuées en 2024 par le Service National des Semences (SENASEM) du Ministère de l’Agriculture, ces variétés ont ensuite été inscrites au Catalogue national des variétés en 2025, avant leur enregistrement dans la FAO/IAEA Mutant Variety Database en 2026, une reconnaissance qui place désormais la RDC parmi les pays ayant produit des variétés mutantes homologuées à l’échelle internationale.
Cette reconnaissance internationale constitue une
étape importante pour la recherche agronomique congolaise et témoigne du
potentiel de l’utilisation pacifique des techniques nucléaires au service du
développement agricole. Elle met également en valeur les compétences des
chercheurs congolais et les résultats de la coopération entre la RDC et l’AIEA
dans le domaine de l’amélioration des plantes par mutation.
Au-delà de leur contribution à l’enrichissement
des ressources variétales disponibles en RDC, ces nouvelles variétés de soja
offrent des perspectives prometteuses pour l’augmentation de la productivité
agricole, l’amélioration de la qualité nutritionnelle et la lutte contre
l’insécurité alimentaire et nutritionnelle.
Le prochain défi consiste désormais à renforcer
la multiplication des semences de qualité, à assurer leur mise à disposition
des producteurs et à organiser leur diffusion à plus grande échelle dans les
différentes zones agroécologiques du pays, afin que les résultats obtenus par
la recherche puissent se traduire concrètement par une amélioration durable de
la production agricole et des conditions de vie des populations.
Freddy BULUBULU OTONO
Chef de section Biotechnologie
CGEA/CREN-K
